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PERFORMANCE

17 MAR - 18 MAR 2018
49 NORD 6 EST - FRAC LORRAINE - METZ (57)

Exchange of Handwriting

Jiri Skala, artiste
Dans le cadre du Week-end de l’art contemporain en Grand Est

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Jiri Skala, Exchange of Handwriting, 2006 Collection 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine, Metz (FR) © J. Skala / Photo : Jiri Skala

Que se passe-t-il quand on imite quelqu’un, ou plus exactement son écriture ?
Est-ce-que cela nous rapproche ou nous fait prendre conscience des différences et de notre propre spécificité ? Au fil des semaines, deux personnes vont réactiver cette œuvre de la collection du Frac en recopiant des extraits de textes choisis par l’artiste, puis imiter la manière dont l’autre a tracé ses mots sur le papier. Progressivement, ils vont réussir à se rapprocher de ce qui semblait simple pour l’autre : dessiner des lignes, dont les formes sont en partie liées à son individualité, néanmoins porteuses d’un langage commun.

Vous pourrez aussi expérimenter cette performance chaque mois au Frac:
– de 14h à 18h les 07 & 08 Avril, 20 Mai, 16 & 17 Juin
– de 11h à 15h le samedi 19 Mai
La performance est réactivée par Stefania Crisan et Romain Vadala, étudiants à l’ESAL-Metz.
Dans le cadre de l’exposition Vous me rappelez quelqu’un

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Dans le cadre de l’édition 2018 du Week-end de l’art contemporain en Grand Est organisée par les réseaux : Versant Est, LoRA et Bulles.
Programme complet du WEAC en téléchargement, ici

Exchange of handwriting, 2006–2018

Performance de Jiri Skala, collection du 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine.

Rédigé à la manière d’un sujet d’examen, le protocole d’ Exchange of Handwriting dont le déroulement est strictement déterminé, laisse présager une réflexion sur l’apprentissage et la formation. Mais l’objectif en est ouvertement décalé, voire discrètement subversif par rapport à une idéologie scolaire généralement fondée sur l’uniformisation des savoirs et des techniques. Plutôt que d’imiter des lettres régulières et génériques, on contraint les participants à copier une graphie particulière, une signature physique, et donc en partie une individualité. On sait comment l’expertise en écriture et la graphologie associent la forme de l’écriture à une personne, voire y décèlent de prétendues attributs psychologiques. Il est donc moins question ici d’un apprentissage de codes que d’un véritable « jeu de rôle » fondé sur l’abandon, symbolique, de sa propre identité au profit d’une autre (qui plus est « transgenre »).

En 2006, l’artiste a lui-même échangé son écriture avec celle d’une musicienne new-yorkaise, Christina Courtin, qu’il a choisie du fait de sa formation culturelle et sociale éloignée de la sienne. À l’issue de l’échange, les carnets de notes de chacun des participants faisaient partie de l’exposition.

Pratique de copiste, comme dans la tradition picturale, mais rejouée dans un régime de l’arbitraire et de l’absurde, la performance, dont les traces ont quelque chose de sentimental et romantique, mène une réflexion sur la technicité individuelle de l’écriture, contestée par les logiques didactiques et par l’utilisation grandissante du clavier. Par ailleurs, du fait que la règle imposée s’avère aussi arbitraire et que les participants soient assis dos à dos comme pour éviter tout copiage alors que c’est là précisément leur tâche, il émane d’_Exchange of Handwriting_, au-delà de son aspect ludique, une sourde dénonciation de la contrainte et de l’autorité de type administrative.

Plus profondément, la performance interroge en actes les fondements de la linguistique, et notamment le décalage entre le sens et la graphie, le signifiant et le signifié, l’intellect et le corps. À force de recopiage, l’écriture semble se réifier, s’abstraire de sa nécessité sémantique, épuisant le sens de ce qui est rédigé dans une mécanicité laborieuse. En ce sens, le résultat rappelle le travail de l’artiste conceptuelle Hanne Darboven et ses répétitions et permutations sans fin de signes manuscrits. Plutôt qu’une technicité ou une virtuosité, c’est une sorte d’inconscient mécanique qui est ici partagé. Une forme de savoir qui renvoie à la figure emblématique du « Maître ignorant » de Jacques Rancière1, qui dissocie les pratiques pédagogiques et cognitives de la connaissance a priori, voire même de la compréhension de ce qui est réellement transmis.
En 2002, l’artiste avait organisé une partie de Scrabble géante regroupant neuf artistes de nationalités différentes qui jouaient chacun dans sa langue et sans limitation de longueur de mots. Le jeu d’étendit sur 200m2 et rassembla 40 000 lettres. Comme dans Exchange of Handwriting, la mise en commun, la construction et le partage n’impliquaient pas pour autant une compréhension idiomatique.

Guillaume Désanges

1 Jacques Rancière, Le maître ignorant – Cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle, Éditions Fayard, Paris, 2004 (1ère éd. 1984)

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Exposition / Jusqu’au 21 octobre, au Frac /Martin Beck. Dans un second temps

 

Festival Constellations / jusqu’au 15 sept, les jeudis, vendredis et samedis, au Frac, gratuit / Last Night Rendez-vous à la tombée de la nuit !

 

Cocktail Party / Samedi 22 sept à 18h30, gratuit sur résa, au Frac /Happy composition hours Pensez à réserver votre place

 

Événement / Sam 15 et dim 16 sept, au Frac / Journées européennes du Patrimoine 2018 Au programme des visites guidées gratuites toutes les 1/2h du bâtiment, de l’expo “Martin Beck” et des ”œuvres cachées”

 

La collection en région / Jusqu’au 16 sept, La Première Rue, Briey / Hors les murs

 

La collection en région / Jusqu’au 16 nov, Région Grand Est / Trésors communs Une expo itinérante pour le Musée Mobile-MuMo2 imaginée par les 3 Frac du Grand Est

 

La collection en région / Jusqu’au 15 sept, ACB scène nationale, Bar-le-Duc / Sous le nuage œuvre de Yona Friedman.