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EXPOSITION

06 JUL - 21 OCT 2018
49 NORD 6 EST - FRAC LORRAINE - METZ (57)

Martin Beck.
Dans un second temps

Vernissage : Jeudi 05 Juillet à 19h en présence de l’artiste

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Martin Beck Amor and Psyche Martin Beck Flowers Martin Beck Last Night
 

Martin Beck, Antonio Canova, Amor and Psyche, plaster model, late 18th century, Gipsoteca Museo Canova, Possagno, Italy, 2017 Courtesy Martin Beck and 47 Canal New York

Pensée comme une composition, cette exposition présente des œuvres récentes de l’artiste autrichien Martin Beck. Au 49 Nord 6 Est — Frac Lorraine, il réalise son premier projet d’envergure en France.

Œuvres sur papier, photographies, sculptures, vidéos… l’artiste choisit son médium en fonction du sujet traité. Flowers, par exemple, est constitué de photographies qui documentent la composition d’un bouquet de fleurs. Les images révèlent à la fois le travail méthodique d’une fleuriste et la fragilité des éléments qu’elle manie. Gestes et formes y sont regroupés dans 36 séries différentes qui ne suivent pas un ordre consécutif.

La temporalité est une composante essentielle du travail de Martin Beck (né en 1963, vit et travaille entre New York et Vienne où il enseigne). Il développe parfois ses recherches sur plusieurs années pour aboutir à une œuvre — 4 ans pour que les premiers éléments du projet Last Night se matérialisent — ou encore s’impose un rythme de travail régulier à long terme — depuis 2016, sur des périodes données, il produit un feuillet de format «US letter » par jour, donnant naissance chaque année à une nouvelle étape de working forwards, œuvre proche d’un journal de bord.

Dans cette exposition, le temps géologique des conglomérats — roches sédimentaires instables dont les éléments ne se sont jamais mélangés au cours des millénaires — côtoie celui, régulier, du travail quotidien de l’artiste ou encore celui, éphémère, de l’ultime fête ayant eu lieu au Loft à New York en 1984. La musique jouée lors de la dernière de ces soirées, rassemblant des communautés diverses et dont l’influence sera fondamentale, est restituée dans l’intégralité de sa durée lors d’un film de plus de 13 heures.

Dans un second temps rassemble dans l’espace d’exposition une sélection d’œuvres de Martin Beck qui s’inspirent des dynamiques sociales, des processus de travail et des récits liés à la contre-culture, tout en faisant référence à leur impact historique. Au Frac Lorraine, la composition est utilisée comme un outil pour réorganiser les structures sociales et spatiales, ainsi que les hiérarchies qui les accompagnent, qu’elles soient visuelles, économiques ou communautaires.

Vues de l’exposition

 

Entretien avec Martin Beck

49 Nord 6 Est–Frac Lorraine : Sur quoi travailles-tu en premier, l’œuvre ou l’exposition ?
Martin Beck : L’œuvre et l’exposition sont toujours étroitement liées. Les conditions d’exposition d’une oeuvre sont décisives pour sa perception et sa compréhension, donc il m’est difficile de penser à un avant et un après. Mais cette relation entre oeuvre et exposition m’intéresse, parce que l’accrochage (le placement dans l’espace, les conditions de perception, la relation des oeuvres entre elles, etc.) peut modifier la signification d’une œuvre.

Dans un second temps est ton premier projet d’envergure après la rétrospective qui a eu lieu au Mumok à Vienne l’année dernière, comment as-tu abordé ce projet ?
L’exposition comprend des oeuvres appartenant à différents projets que j’ai réalisés au cours des huit dernières années. La sélection a été faite en dialogue avec la directrice du Frac Lorraine, Fanny Gonella. Comme il s’agit de ma première exposition d’ampleur en France, nous voulions montrer la diversité des recherches et réflexions que j’ai intégrées à ma pratique, mais aussi composer une exposition qui serait cohérente dans ses ambitions esthétiques et thématiques.

Des récits issus d’éléments historiques, parfois connus, souvent moins officiels, jouent un rôle important dans ton travail. Regarder en arrière te permet-il d’avancer ?
Le temps est un facteur important dans mon travail. L’histoire et sa relation avec le présent sont des forces motrices, et je m’intéresse au processus par lequel ils se construisent l’un l’autre.

Est-ce que la boucle est utilisée (dans tes vidéos) comme moyen de suspendre le temps ?
C’est difficile à dire, car la boucle est fondée sur la répétition. Mon intérêt pour le temps est davantage axé sur les questions de transformation et de différence, la relation entre la proximité et la distance.

Cela me fait penser à la manière dont tu convoques dans ton travail l’espace privé de l’atelier tout en interrogeant l’espace public de l’institution, à la fois spatialement et dans les discours qu’elle véhicule. Comment envisages-tu la relation entre artistes et structures ?
Ils dépendent les uns des autres — les artistes ne vivent pas en vase clos. Bien sûr, les rapports entre institution et artiste ne sont pas toujours faciles, et doivent continuellement être remis en question. Mais les relations entre art et institution, quelle que soit sa forme (atelier, galeries, magazines, musées, collections, histoire de l’art, discours, etc.), font néanmoins avancer l’un et l’autre.

Ton intérêt pour les processus de travail est souvent à l’origine de tes œuvres. Pourquoi penses-tu qu’il faille approfondir la réflexion sur notre relation au travail ?
La façon dont le travail est conceptualisé, organisé, géré et rémunéré a radicalement changé la société contemporaine au cours des trente dernières années — et pas toujours pour le mieux. Mettre au premier plan, et rendre visible, la manière dont ces transformations du travail ont un impact sur la production esthétique fait partie de la réflexion politique qui sous-tend ma démarche.

Quelle est ta position face à l’optimisation, l’(auto-)amélioration ?
S’améliorer, progresser, vu à travers le prisme de l’économie contemporaine et du corps politique, est un concept étrange. Les impératifs de s’(auto-)amélioration, de l’apprentissage tout au long de la vie, etc. mettent une pression énorme sur le sujet, et changent sa relation à lui-même — pression qui fait que nous optimisons, quantifions, rendons économique chaque aspect de notre vie. Mais en même temps, qui ne veut pas s’améliorer dans certains domaines ? Qui ne veut pas d’un monde meilleur ?

Ta production prend des formes très différentes. Dans quelle mesure est-ce-que la (les) technique(s) t’intéresse(nt) ?
Je suis fasciné depuis longtemps par ce qu’a dit John Cage, dans une conférence de 1954 : « Je n’ai pas le temps de penser à la technique, parce que je dois toujours en fabriquer une : toute technique peut être découverte, une fois que toute la technique a été oubliée. »

Ta participation à de nombreuses publications témoigne d’une recherche théorique qui se poursuit au-delà des œuvres. Peux-tu nous parler du rapport que tu entretiens avec l’écrit ?
Pour moi, l’écriture est un processus horriblement lent. Donc je redoute souvent de m’y lancer. Écrire fait partie de ma pratique artistique et, parfois, j’utilise le langage comme un moyen de réfléchir à certaines relations entre mon travail et les références que j’y convoque. Récemment, ce type d’écriture s’est trouvé étroitement lié à des œuvres, voire s’est mis à constituer l’œuvre elle-même : c’est le cas pour deux d’entre elles qui sont des présentations orales à partir de textes que j’ai écrits (au Carpenter Center, en 2016, et à la Renaissance Society, en 2017). Dans le passé j’ai aussi un peu pratiqué ce que l’on pourrait appeler l’écriture académique, m’appuyant sur la recherche. Mais même dans ce cas, l’écriture était liée à des questions que j’explorais à ce moment-là et venait
en renfort de mon travail d’artiste.

La contre-culture est très souvent reflétée dans ton travail. Qu’est-ce qui t’a amené à t’y intéresser ?
C’est difficile à expliquer sans raconter toute ma vie, ou sans dire quelque chose de banal. Donc, pardonnez-moi si je ne réponds pas à cette question. (nb : Le texte de Julie Ault publié dans le catalogue « Rumors and Mumurs », mis à disposition sur la table dans la salle donnant accès au jardin, explore cette question-là en incluant de nombreuses informations biographiques.)

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 NEWS
 

Exposition / Jusqu’au 21 octobre, au Frac /Martin Beck. Dans un second temps

 

Festival Constellations / jusqu’au 15 sept, les jeudis, vendredis et samedis, au Frac, gratuit / Last Night Rendez-vous à la tombée de la nuit !

 

Cocktail Party / Samedi 22 sept à 18h30, gratuit sur résa, au Frac /Happy composition hours Pensez à réserver votre place

 

Événement / Sam 15 et dim 16 sept, au Frac / Journées européennes du Patrimoine 2018 Au programme des visites guidées gratuites toutes les 1/2h du bâtiment, de l’expo “Martin Beck” et des ”œuvres cachées”

 

La collection en région / Jusqu’au 16 sept, La Première Rue, Briey / Hors les murs

 

La collection en région / Jusqu’au 16 nov, Région Grand Est / Trésors communs Une expo itinérante pour le Musée Mobile-MuMo2 imaginée par les 3 Frac du Grand Est

 

La collection en région / Jusqu’au 15 sept, ACB scène nationale, Bar-le-Duc / Sous le nuage œuvre de Yona Friedman.