Œuvres permanentes
Au fil des ans, des espaces insolites du Frac Lorraine comme les cages d’escalier, les jardins, ou encore les murs des salles d’exposition ont fait l’objet de commandes à des artistes dans le cadre d’une exposition ou d’une acquisition. Les œuvres ainsi conçues in situ ont été pérennisées par leur exposition ou même leur entrée dans la collection.
Par leur usage tourné vers le public, le Frac Lorraine prend aussi le parti d’exposer certaines œuvres de la collection de manière permanente. Au rez-de-chaussée, la salle pavée accueille avec différents assises, toutes œuvres à part entière, pour partager un moment de convivialité et consulter la documentation.
Ces œuvres sont toujours visibles, à découvrir lors des visites.

Isabelle Krieg, Découvrir le monde, 2006
Cour avant, escalier de la tour
Isabelle Krieg (1971) figure parmi les invité.e.s de l’exposition « Antipodes » du 27 mai au 20 aout 2006. L’exposition présente 7 photographies constituant l’ensemble Découvrir le monde. Sur ces tirages, les contours du monde ont été tracés de manière discrète sur divers supports : sol décrépi, affiche lacérée sur un mur, rebord de fenêtre.
A ces photographies de mappemonde à différentes échelles et supports, l’artiste décide de répondre en intervenant aussi directement sur le bâtiment du Frac Lorraine. Sortes d’apparition, ces 8 cartes, objets d’enjeux géopolitiques et fruits des conventions occidentales, deviennent ici vulnérables, menacées à tout moment de disparition.
Depuis leur création, 4 des mappemondes ont complètement disparu sous le travail du temps et des intempéries. A moitié effacées, le public du Frac Lorraine est donc invité à chercher et découvrir les 4 œuvres encore visibles.

Intervention sur l’architecture et l’environnement
Michael Kleine, Kabinett, 2024
Salle du foyer, rez-de-chaussée
En 2022, Michael Kleine est invité à repenser les usages et cicurations des espaces du Frac. Le 11 avril 2024, année anniversaire de l’installation du Frac Lorraine dans les murs de l’hôtel Saint-Livier, l’espace Kabinett est inaugurée.
Mise en scène, performance, scénographie, musique, sculpture… Michael Kleine (1981) combine ces différentes techniques dans sa pratique pour comprendre et transformer radicalement le lieu et le contexte dans lequel il s’installe. Dans un dialogue étroit – entre le lieu, son histoire, les visiteurs.euses, les œuvres et l’artiste – il développe des concepts qui mettent à l’épreuve nos perceptions spatio-temporelles et surtout la vision archétypale que l’on se fait d’un lieu d’exposition.
Le Frac se questionne, se redéfinit et change de forme. Michael Kleine a restructurer l’espace d’accueil entre diverses strates temporelles et géographiques, il interroge la neutralité de l’institution.

Photo Solène Mangin
Céline Condorelli, Spatial Composition 14, 2023
Salle pavée, rez-de-chaussée
Céline Condorelli (1974) produit un ensemble d’œuvres prenant la forme de sièges destinés à être utilisés dans des expositions d’art contemporain, dépassant la hiérarchie établie entre l’objet utile et l’œuvre d’art inaccessible. Pour un précédent projet à l’Albertinum de Dresde, l’artiste a conçu une rangée de chaises longues jointes, alternant l’orientation des assises. Ce type de siège habituellement réservé à l’extérieur et l’imaginaire de plage et du loisir, est ici détourné.
C’est à la suite de ce projet que l’artiste propose au Frac Lorraine de produire une assise de cette série. Spatial Composition 14 prend place dans la salle pavée désormais destinée exclusivement au public. Invitation à la détente, à la documentation sur les œuvres de la collection et des expositions en cours, ce nouveau mobilier œuvre permet l’échange entre les publics en troublant le lien établit entre l’extérieur et l’intérieur, l’espace muséal et le privé.

Photo Fred Dott
Benoît Piéron, Fauteuil (Grandmother’s Puzzle) et Fauteuil (Crazy Quilt), 2022
Salle du foyer, rez-de-chaussée
Benoît Piéron (1983) passe une grande partie de son enfance à l’hôpital. Il prend conscience de la dimension politique de son corps et explore un lien intime entre son travail plastique et la survivance. L’artiste cherche à produire des expressions alternatives de la maladie où celle-ci serait vue comme un potentiel.
Deux fauteuils issus de la série Bridge sont à disposition au Frac. Réalisés en 2023, ces objets sont tapissés par l’artiste de patchwork de draps réformés des hôpitaux. Il récré ainsi une certaine héraldique des alités.


Cinzia Ruggeri, Una sola moltitudine, 2008
Salle pavée, rez-de-chaussée
Artiste et styliste, Cinzia Ruggeri (1942) évolue depuis les années soixante comme un caméléon entre les frontières de la mode, de design, de la sculpture, de l’installation et de l’architecture. Sa vie et sa pratique ont été guidées par le désir de redéfinir le statu formel et fonctionnel des éléments de la vie quotidienne, de l’habillement aux accessoires, de l’ameublement à l’éclairage.
En redéfinissant l’usage du fauteuil, l’artiste compose une série de Coussins à échanger selon l’ordre et l’humeur, en rehaussant la hauteur d’assise ou bien en invitant plusieurs personnes à déposer les coussins au sol pour s’y installer.
Le Frac Lorraine acquiert en 2022, le premier fauteuil prototype de cette série, Una sola moltitutdine.

Photo Fred Dott
Dora Garcia, Forever, 2004
Grande salle, 1er étage
En 2004, le 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine consacre une exposition à l’artiste espagnole Dora Garcia (1965). Elle conçoit in situ une installation consistant à la diffusion en direct à l’aide d’une caméra de l’activité d’une des salles d’exposition. Sont travail témoigne d’une vigilance accrue et d’une maitrise des outils modernes convoquant la surveillance et l’enregistrement pour déjouer le rapport entre l’œuvre et son public.
Avec Forever, l’institution est filmée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le public a accès à la vie de cet espace par un journal de bord en ligne (site internet de l’artiste). Ici c’est l’institution qui devient le thème de l’œuvre, inversant ainsi les rapports de forces et de pouvoir. Cette pièce soulève la question du temps : que signifie le terme « Forever » (à jamais) ? Correspond-il à un changement de direction à la tête de l’institution ? à la disparition de l’artiste ?
Le journal de bord est également disponible au Frac sous forme d’un livre (5 compilations entre 2004 et 2012).

Installation protocolaire, webcam, site internet
Liliana Motta, Bad Plants, 2010
Jardin, rez-de-chaussée
En 2010, Liliana Motta est invitée a repensé le jardin du Frac Lorraine.
Liliana Motta (1959) artiste-botaniste brésilienne, réalise des interventions discrètes qui visent à faire évoluer notre relation au vivant, au paysage, en un mot au « dehors ».
Avec Bad Plants, l’artiste met en lumière les plantes hors normes. Elle s’engage pour la réhabilitation des plantes « étrangères » qu’elles soient curatives, invasives ou « mauvaises herbes ». Les espèces de plantes, nomades, qu’elles soient toxiques ou médicinales sont capables de voyager et de s’adapter à tout nouveaux milieux.

Photo Jolan Dwek