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CONFÉRENCE

JEUDI 30 JAN 2014, 19H
49 NORD 6 EST - FRAC LORRAINE - METZ (57)

Une humanité au-delà des sexes et des genres ? Queer et Science-Fiction

Géraldine Gourbe, philosophe
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Dans le cadre de Genre, sexe et coconuts
Cycle de conférence 2013–14

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Bunny Yeager & Bettie Page, Safari Park, Boca Raton, Floride (US), 1954. © DR

Utilisant les figures marquantes de la SF : de Frankenstein à la série Real Humans, Géraldine Gourbe revient sur les origines d’une pensée libérée des diktats de l’assignation sexuelle. Ces enfants queers nés en dehors d’une matrice biologique réclament de nouvelles formes de parenté qui bouleversent l’ordre établi : la Religion, l’État et la Famille. Clonage, ventre artificiel…, quand la fiction aide à penser la réalité.

Dans le film Teknolust (2002) de Lynn Hershmann, le personnage principal Rosetta Stone une bio-généticienne, brillante et réservée, invente un programme informatique qui permet le téléchargement de son propre ADN. À partir de cette manipulation inédite, elle procrée à distance trois automates femelles qui tels des virus peuvent s’auto-reproduire.

La fable de ce film rejoue un des thèmes chers au récit fantastique Frankenstein ou le Prométhée moderne (1818) de l’auteure, socialiste et féministe, Mary Shelley. Rosetta à l’instar du docteur Frankenstein recréé la vie en dehors de l’espace matriciel, biologiquement attribué aux femmes, et projette un espoir de progrès dans cette expérience. Avec le même mouvement d’emprunt, Shelley fait, elle, référence aux thèses rousseauistes et dote la créature de Frankenstein d’une pensée dix-huitièmiste propre au « bon sauvage » qui se résumerait à : « On ne naît pas humain, on le devient » ou encore « On ne naît pas enfant/parent de, on le devient ».

Ces trois types de créatures « bon sauvage », « créature mutante » et « intelligence artificielle » qui, depuis une République naissante jusqu’à une République en crise, hantent de nombreuses fictions d’exploration ou scientifiques ; distillent grâce à leur extra-normalité des recommandations incontournables pour saisir les enjeux d’une filiation actuelle. En revenant sur leurs échanges littéraires ou cinématographiques, nous comprendrons avec quelles ruses ils substituent à l’inlassable question « qu’est-ce qu’une filiation légitime ? », la problématique du « comment œuvrer en commun à une filiation ? ».

Les enfants queers de la République descendent ainsi dans l’arène politique afin de nous dévoiler un autre contrat social des parentés.

Géraldine Gourbe est philosophe, Université de Nanterre/Grand Ouest et École Supérieure d’Art de l’Agglomération d’Annecy. Elle a déjà publié sur ce sujet : « Une éthique du désir est-elle envisageable dans l’espace virtuel ? », From Cyborgs to Facebook : Technological Dreams and Feminist Critiques, Sophia Belgian Network for Gender Studies, 2011.
Elle prépare actuellement un ouvrage sur les années californiennes d’Allan Kaprow, Presses du réel, collection Fama ; et dirige une publication collective Utopy, Pedagogy and Community based spaces in South California, esaaa/Shelter Press.

Programme complet du cycle de conférences Genre, sexe et coconuts

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