EXHIBITION
10 NOV - 19 FÉV 2017
49 NORD 6 EST - FRAC LORRAINE - METZ (57)
Not Ready To Make Nice GUERRILLA GIRLS 1985-2016
Commissaire : Xabier Arakistain
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Vernissage : Mercredi 09 Nov à 19h
en présence du commissaire

© Guerrilla Girls
Cet automne, le souffle inquisiteur des Guerrilla Girls déferle sur le Grand Est ! Plus actif que jamais, toujours aussi politiquement incorrect, le collectif américain investit les espaces du 49 Nord 6 Est lors d’un parcours orchestré par Xabier Arakistain, défenseur avéré de la cause féministe. Not ready to make nice ! Tout est dit dans le titre de cette exposition qui retrace 30 ans d’insurrection artistique.
Face à l’absence de parité dans les musées internationaux – qu’elle soit de genre, de race ou de classe – les Guerrilla Girls prennent les armes ! Se faisant la « conscience du monde de l’art », anonymes sous leurs masques de gorille, ces activistes n’ont de cesse de dénoncer toutes les formes de discrimination. Véritables robin.e.s des bois du XXIème siècle, les Guerrilla Girls continuent d’agiter la sphère culturelle avec leurs célèbres posters et leurs actions à l’humour mordant et provocateur. Un combat à rallier de toute urgence.
Workshop d’actions créatives, stage d’auto-défense, rencontres entre art et activisme, rejoignez-nous au 49 Nord 6 Est. Et telles les Guerrilla Girls, devenez vous aussi de super héro.ïne.s, que vous portiez (ou pas) le collant avec grâce !
les guerrilla Girls
Guerrilla Girls est un collectif d’artistes anonymes fondé en 1985. Déterminées à mettre l’accent sur la dimension politique de leur travail et à dénoncer l’oubli systématique des femmes dans les sociétés contemporaines, les Guerrilla Girls ont décidé de garder l’anonymat en portant des masques de gorille et en prenant les noms d’illustres artistes femmes décédées. Le collectif utilise les faits, l’humour et des visuels qui frappent les esprits pour exposer au grand jour les préjugés ethniques et de genre, ainsi que la corruption présente en politique, dans l’art, les films et la pop culture. Elles ébranlent l’idée d’une histoire dominante en révélant les récits cachés, le sous-texte, les laissés-pour-compte, et tout ce qui est purement scandaleux ! Elles croient en un féminisme intersectionnel qui combat la discrimination et défend les droits humains de tous les peuples et de tous les genres. Le groupe a développé plus de 100 projets, posters, stickers et actions dans l’espace public à travers le monde, notamment dans les villes de New York, Los Angeles, Minneapolis, Mexico City, Istanbul, Londres, Bilbao, Rotterdam et Shanghai, pour n’en citer que quelques unes. Les Guerrilla Girls investissent également les musées pour dénoncer leurs pratiques discriminantes directement sur leurs propres murs. Par exemple sur la façade du Whitney Museum à New York (2015) avec une projection lumineuse autour des inégalités de revenus ou encore à travers leur projet pour la Biennale de Venise en 2005. Des rétrospectives leur ont été consacrées à Bilbao et à Madrid (Guerrilla Girls 1985–2015). Elles ont également réalisé un grand nombre de projets spécifiques tels que Is it even worse in Europe? (2016–2017) à la Whitechapel Gallery ou leur projet participatif sur toute une semaine à la Tate Modern de Londres (2016). Sans oublier leur première exposition individuelle d’envergure dans une institution française, au 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine à Metz (2016–2017), une occasion unique de découvrir la quasi totalité des posters des Guerrilla Girls issus de sa collection.
note d’intention du commissaire Xabier Arakistain
Au croisement entre l’art et l’activisme, les Guerrilla Girls sont des figures de proue du mouvement de l’art féministe d’aujourd’hui. Ce mouvement a pris pour cible des fictions qui posent problème, telles que celles de « génie artistique », de « chef-d’œuvre », fictions entretenant l’idée (qui perdure depuis le XIXème siècle) d’un art indépendant de son contexte historique et social. Le collectif d’artistes des Guerrilla Girls s’est formé en opposition au milieu des années 80, lorsque l’avancée du néolibéralisme remettait ces fictions au goût du jour. Les membres du groupe dissimulent leurs visages sous des masques de gorille et choisissent pour pseudonymes des noms d’artistes femmes emblématiques décédées. Tout en gardant l’anonymat, elles mettent l’accent sur la dimension politique de l’art et dénoncent la manière dont les femmes sont systématiquement négligées dans la société contemporaine.
Le travail des Guerrilla Girls, autoproclamées « conscience du monde de l’art », marque un tournant dans la pratique artistique féministe, cela pour deux raisons : En premier lieu, leur approche de la discrimination sexuelle que générée et perpétuée par l’art est un tournant discursif dans les stratégies de l’art féministe. Les Guerrilla Girls sont les premières à offrir une vue d’ensemble des processus qui consolident le sexisme en art, à différents niveaux, sans pour autant ignorer le lien entre ces processus et les autres institutions et sphères sociales. Les posters emblématiques des Guerrilla Girls sont immédiatement identifiables par le langage des statistiques qu’elles utilisent, afin de dire la place des femmes dans l’art et autres domaines : ainsi est soulignée l’incapacité dramatique des sociétés démocratiques à tenir leur promesse d’instaurer l’égalité entre les sexes. Ces posters constituent également la base des activités du collectif, celles-ci allant de l’affichage dans des lieux publics (notamment sur les portes des galeries d’art à New York), à diverses actions dans les musées et autres institutions culturelles et sociales.
En second lieu, la popularité du groupe, à la fin des années 80, a marqué une transition avec la première étape importante de l’art féministe, mouvement qui a vu le jour de part et d’autre de l’Atlantique dans le sillage du féminisme de la fin des années 60. Les posters des Guerrilla Girls, leurs publications et activités portent la marque de cet héritage, et font appel à la connaissance du féminisme comme à un cadre conceptuel permettant une compréhension aiguisée du monde. Avant tout, les Guerrilla Girls nous rappellent que les buts politiques du mouvement féministe de la fin des années 60 sont encore à atteindre, et leur travail nous encourage à continuer la lutte.
Xabier Arakistain (Madrid, 1966) est commissaire féministe. Il vit à Bilbao (ES).
Il a incorporé la catégorie du sexe comme critère curatorial dès sa première exposition, Trans Sexual Express (Bilbao Arte 1999). De 2001 à 2013, Arakistain a introduit la parité de genre dans le programme d’expositions de la Fundacion Bilbao Arte Fundazioa, et de 2003 à 2006 il a mené les tables rondes sur art et féminisme dans les « Rencontres d’Experts » à la foire de ARCO Madrid. En 2005 il a impulsé le Manifiesto ARCO’05, qui demandait aux administrations publiques d’adopter des mesures concrètes pour favoriser l’égalité entre les sexes dans le champs de l’art, initiative qui inspira l’article 26 de la Loi Organique pour l’Egalité Effective entre femmes et hommes. Entre 2007 et 2011 Xabier Arakistain a dirigé le Centre Cultural Montehermoso Kulturunea, Vitoria-Gasteiz (ES). Sous son impulsion, le Centre est devenu pionnier dans le développement et l’application des politiques féministes dans les domaines de l’art, de la pensée et de la culture contemporaine. En 2008, face aux obstacles dans la transmission de la connaissance féministe entre les générations et préoccupé par la rareté des traductions de textes féministes, il a mis en place, avec l’anthropologue féministe Lourdes Méndez, un séminaire annuel autour de la thématique : « Production artistique et théorie féministe de l’art. Nouveaux débats ». Ce cycle est accueilli depuis 2012 à Azkuna Zentroa, Bilbao et se poursuit sous le titre « Perspectives féministes dans les productions artistiques et les théories de l’art ». Xabier Arakistain a récemment été le commissaire de l’exposition de Why Not Judy Chicago? (CAPC, Bordeaux 2016 & Azkuna Zentroa 2015) et de plusieurs rétrospectives consacrées aux Guerrilla Girls (Matadero, Madrid 2015 & AlhóndigaBilbao 2013), ainsi qu’à l’artiste britannique Leigh Bowery (Museu Textil y de la Indumentaria de Barcelona 2004 and BilbaoArte 2002) mais aussi des expositions Kiss Kiss Bang Bang, 86 steps in 45 years of Art and Feminism (Museo de BBAA, Bilbao 2007), Para todos los públicos (Sale Rekalde, Bilbao 2006) et Switch on the Power (MARCO Vigo ; C.C Montehermoso, Vitoria-Gasteiz ; CAM Gran Canaria).